Les photos de famille de Chassary&Belarbi

Du 6 au 28 mars, l’espace Carpeaux, chez nos voisins de Courbevoie, renouvelle le genre de la photo de famille, avec les mises en scène subtiles d’Amélie Chassary et Lucie Belarbi, qui subliment les gestes du quotidien pour mieux mettre en valeur les rituels qui fondent les relations familiales. Ce duo artistique a accepté d’évoquer (d’une seule voix) son travail en général et l’exposition Huis Clos en particulier.

Huis-Clos, La couverture, 2011

Huis-Clos, La couverture, 2011

Cartridge World : Comment vous est venu l’idée de travailler ensemble ?

Chassary&Belarbi : Très vite après notre rencontre, nous avons échangé des idées, des références, des souvenirs personnels. Puis naturellement le désir de réaliser des mises en scène photographiées s’est transformé en l’accomplissement d’un travail artistique en commun. La collaboration dans notre démarche se fait simplement.

CW : Comment pratiquez-vous la photographie en duo ?

Avant tout, nous discutons et scénarisons nos idées pour nous permettre de visualiser la même image. À cet instant commence la recherche des décors, des matériaux et des personnages, pour pouvoir mettre en forme le scénario inventé. Ces étapes de travail sont indispensables dans notre démarche de création. La mise en scène est réalisée sur mesure, parfois en amont ou parfois sur place, sous forme de performance, et nous la photographions à l’argentique. La prise de vue est assez rapide, dans le sens où le cadrage est déjà posé et nos intentions, précises.

Huis-Clos, Le fauteuil, 2010

Huis-Clos, Le fauteuil, 2010

CW : Quel est le fil directeur de la série Huis-Clos, que vous présentez en ce moment à Courbevoie ?

C&B : Le Huis-Clos inscrit les personnages dans les rituels et les coutumes familiales. Avec cette série, nous souhaitions mettre en forme l’intemporalité des relations familiales et des gestes qui peuvent appartenir ou aux générations précédentes ou aux générations futures. Notre approche photographique souligne le lien que chacun entretient avec les lieux qu’il occupe et les objets qu’il possède. Les personnes photographiées répètent des gestes propres à une intimité naturaliste dans un contexte de mise en scène.

CW : Pourquoi cette utilisation du textile dans cette série ? Est-ce un élément récurrent de votre travail ?

C&B : L’installation textile par une mise en volume de l’action du personnage, de son geste, de sa tenue, de son regard, des matières, des textures et de leur disposition, vise à atteindre l’attachement des personnages aux gestes usuels quotidiennement répétés. Volontairement contextualisés, les volumes subliment cet attachement et deviennent de nouveaux objets de mise en scène. Ils accentuent le sentiment que les personnages reproduisent des gestes transmis.

Plus généralement, dans notre approche artistique, nous souhaitons aborder la matière (textile, peinture, le papier). Nous sommes très curieuses et désirons explorer des techniques qui expriment au mieux nos histoires photographiques.

Huis-Clos , Les mouchoirs, 2011

Huis-Clos , Les mouchoirs, 2011

CW : Quels sont vos projets actuels ?

C&B : En mars 2014, nous présenterons des tirages de la série Huis-Clos et pour la première fois des installations textiles au Centre d’art de Fillé dans le cadre du festival Les Photographiques du Mans et simultanément exposerons nos deux séries Huis-Clos et Résonance au Théâtre de la ville de Courbevoie. Une exposition collective, avec la photographie les veilleurs à Rouen. Également, en juin prochain, nous sommes invitées à réaliser notre première oeuvre de Land-Art, alliant installation textile et photographie dans un des jardins remarquables de la ville de Cahors. Et pour la 8ème édition du prix PHPA, Alain Bisotti nous confit  la carte blanche Photo d’Hôtel Photo d’Auteur qui sera dévoilée en septembre à la galerie Esther Woerdehoff.

Huis-Clos, Le nœud, 2011

Huis-Clos, Le nœud, 2011

Chassary&Belarbi forment un duo d’artistes depuis 2009. Amélie Chassary âgée de 34 ans, est photographe. Diplômée de l’Esag Penninghen, Amélie a complété sa formation dans un studio de photographie. Lucie Belarbi, âgée de 29 ans, est plasticienne. Autodidacte, Lucie a suivi des études de psychologie, puis s’en est détournée au service du textile. Elles travaillent avec la plateforme artistique Hans Lucas.

Un grand merci à Amélie Chassary et Lucie Belarbi d’avoir bien voulu répondre à nos questions.

Et surtout, rendez-vous du 6 au 28 mars à l’espace Carpeaux, 15 boulevard Aristide Briand, à Courbevoie.

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